Jour 13 p35-36 (ed. Gallimard)
L'amour c'est terrifiant. Délicieux, trop bon. Ça rend complètement irrationnel et vulnérable. Un sentiment brulant, corrosif, dangereux. Imprégné dans chaque portion de notre être, si profond dans la chair, qu'on ne peut s'en passer. Parce qu'on aime ça. Perdre le contrôle. Aimer l'amour au point de le fuir. Nous haïssons l'idée de vendre notre âme à quelque chose d'aussi instable que l'amour. Nous adorons être aimé. Valorisé, admiré. Nous sommes épris comme ça, capable alors de bouleverser jusqu'à l'entièreté de ce que nous sommes.
"respect qui m'aurait peut-être touché dans un livre mais qui m'irritait toujours dans sa bouche"
La morale éclate en morceau. Nous détesterons tout ce qui entravera l'état de l'amour. Cette relation tramblante que l'on entretient à ce sentiment dont l'être aimé ne devient à terme peut-être qu'un vecteur, l'outil d'une pratique.